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L'euro numérique fera-t-il de l'ombre à Visa et Mastercard?
information fournie par AFP 23/06/2026 à 15:52

L'euro numérique, présenté comme une alternative européenne aux américains Visa et Mastercard pour les paiements électroniques, devrait franchir mardi une étape cruciale au Parlement européen ( AFP / Nicolas TUCAT )

L'euro numérique, présenté comme une alternative européenne aux américains Visa et Mastercard pour les paiements électroniques, devrait franchir mardi une étape cruciale au Parlement européen ( AFP / Nicolas TUCAT )

L'euro numérique, présenté comme une alternative européenne aux Américains Visa et Mastercard pour les paiements électroniques, a franchi mardi une étape cruciale au Parlement européen.

En quoi consiste-t-il et que va-t-il changer pour les consommateurs?

Qu'est-ce que l'euro numérique ?

Il s'agit d'une version dématérialisée de l'euro, que la Banque centrale européenne (BCE) veut lancer.

"Les espèces seront toujours disponibles, et les gens pourront continuer d'utiliser les méthodes de paiement existantes. L'euro numérique offrira simplement un choix supplémentaire aux consommateurs, et garantira leur liberté en matière de mode de paiement, dans une vie quotidienne de plus en plus numérique", explique à l'AFP Alessandro Giovannini, conseiller sur ce projet au sein de la BCE.

Mais surtout, "c'est aussi une chance de mettre fin à une dépendance dont nous nous accommodons depuis trop longtemps", dit-il.

En effet, la zone euro est très dépendante de systèmes gérés par des opérateurs privés pour la plupart américains, comme Visa, Mastercard et American Express, mais aussi PayPal, Apple Pay ou Google Pay.

"Aujourd'hui, près des deux tiers des paiements par carte dans la zone euro sont traités par des entreprises non européennes, et 13 des 21 pays de la zone euro ne disposent d'aucun système national de cartes pour les paiements courants en magasin ou en ligne", souligne Alessandro Giovannini.

Les Européens gardent en tête une leçon cuisante: les sanctions prononcées l'an dernier par Washington contre des juges de la Cour pénale internationale (CPI), dont le Français Nicolas Guillou, qui s'était retrouvé du jour au lendemain privé de sa carte Visa.

Comment fonctionnera-t-il?

Les euros numériques auront toujours la même valeur que leur équivalent en pièces et billets.

Pour les utiliser, il faudra créer un compte dédié au sein d'une banque ou d'un établissement public type bureau de poste, et y transférer de l'argent depuis un autre compte, ou via un dépôt d'espèces.

On pourra alors payer avec ces euros dématérialisés dans les magasins, en ligne ou entre particuliers, via différentes méthodes: carte de paiement, application bancaire, téléphone...

Le système serait respectueux de la vie privée, sans possibilité d'identifier les auteurs des transactions, et avec un mode "hors ligne" offrant une confidentialité identique aux espèces.

La BCE travaille en outre avec les acteurs du e-commerce sur des options innovantes, comme les paiements conditionnels (règlement une fois la livraison effectuée, ou en plusieurs fois...).

Pourquoi les banques n'en veulent pas?

Les banques voient dans l'euro numérique un concurrent de Wero, leur nouveau système de paiement paneuropéen ( AFP / Nicolas TUCAT )

Les banques voient dans l'euro numérique un concurrent de Wero, leur nouveau système de paiement paneuropéen ( AFP / Nicolas TUCAT )

Les banques sont très critiques, pour plusieurs raisons.

La principale est le coût: elles craignent une facture astronomique : 18 milliards d'euros pour tout le secteur, selon une étude publiée en avril par la Fédération bancaire européenne (EBF).

La BCE a, elle, évalué en octobre le coût entre 4 et 5,8 milliards.

Les banques craignent aussi d'être fragilisées: si les clients convertissent leur argent en euros numériques, leurs dépôts bancaires vont fondre, préviennent-elles. Un risque balayé par la BCE, gardienne de la stabilité financière en zone euro.

"Grâce à sa conception qui empêche les retraits massifs de dépôts, l'euro numérique ne présenterait pas de tels risques, même dans des situations de crise extrêmes et improbables", assure M. Giovannini.

Enfin, les grandes banques voient dans l'euro numérique un concurrent de leurs propres solutions de paiement dont Wero, nouveau système paneuropéen.

Quand sera-t-il lancé?

La BCE espère commencer à émettre des euros numériques en 2029, si la législation nécessaire est adoptée d'ici la fin de l'année.

Jusqu'ici, ce calendrier était une gageure. La Commission européenne a présenté un projet de loi il y a maintenant trois ans, enlisé depuis au Parlement européen.

Mais la situation a fini par se débloquer mardi, le comité des affaires économiques du Parlement ayant donné son feu vert à l'ouverture de négociations avec les Etats membres, en vue de trouver un compromis sur ce texte. Ces discussions pourraient démarrer à la rentrée.

Un porte-parole de la BCE a salué ce vote, rappelant que les dirigeants européens ont appelé à accélérer les travaux législatifs.

L'institution monétaire espère lancer des tests mi-2027, pour préparer le lancement effectif.

De son côté, l'Organisation européenne des associations de consommateurs (BEUC) s'est félicitée de la volonté des eurodéputés de "donner plus de protections aux consommateurs", pour garantir la gratuité des services de base et la confidentialité des transactions.

La Fédération des banques françaises a pour sa part appelé à "réutiliser autant que possible les infrastructures et les standards existants", pour limiter les doublons et les coûts.

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2 commentaires

  • 17:09

    L'Euro numérique c'est bien pratique. Toutes les transactions sont traçables tout est programmable et blocable. Controle absolu.


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